Dimanche 28 juin 2020

L’ENTREPRENEUR ÉLECTRICIEN CAILLET

I. Dans les livres et dans la presse

 Dans Nous, les Seznec (édition de 2009, page 78), Denis Seznec nous dit à propos de son grand-père, Guillaume Seznec  :

 Il est volontiers «  cabochard  » et déteste avoir l’impression qu’on l’a roulé. En 1923, il a deux procès sur les bras. Le premier l’oppose à un électricien parisien, Caillet, qui a installé dans un atelier un générateur électrique qui n’a jamais fonctionné correctement. En conséquence le maître de scierie a refusé de payer. Bien entendu, l’électricien a porté plainte. L’autre procès est dû à son sale caractère  : il a invectivé l’huissier venu lui signifier la plainte et celui-ci n’a pas hésité à saisir les tribunaux...

 Au moins, l’auteur admet qu’il ne s’agissait que de l’impression d’avoir été roulé, et Guillaume Seznec a été condamné dans les deux cas.
 Dans sa Critique impertinente de «  Nous, les Seznec  » (voir ma bibliographie, dans laquelle j’ai intégré ce texte important de 2013, avec un lien vers le fichier de la version finale), l’auteur du blog L’Affaire Seznec revisitée a déjà démontré (page 5) l’absurdité de la présentation de ce second procès par Denis Seznec. Il s’agit de la plainte pour diffamation et dénonciation calomnieuse (et non injures) déposée par l’avoué (et non huissier) Ernest Croissant contre Guillaume Seznec et André de Jaëgher (et non le seul Seznec). De plus, Denis Seznec lie les deux affaires, en écrivant «  l’huissier venu lui signifier la plainte  », alors qu’elles sont bien séparées  : la seconde concernait à l’origine monsieur Nicolas, industriel à Brest. Nous allons voir que la description du premier procès est également inexacte.
 Denis Seznec devait en fait la confusion de ces deux affaires à Charles-Victor Hervé, qui écrivait à propos de la dette Caillet (Justice pour Seznec, 1933, page 16)  :

 THÈSE DE L’ACCUSATION
 Seznec est aux abois... L’un de ses créanciers, Caillet, électricien à Paris, l’a fait saisir pour sûreté d’une créance de 15.000 francs.

 THÈSE DE LA DÉFENSE
 La saisie n’est qu’une mesure conservatoire, à laquelle d’ailleurs Seznec fit opposition.
 Seznec prétendait que les fournitures livrées par Caillet n’étaient pas conformes au devis. Il y eut procès et plainte contre un avoué de Morlaix, qui porta plainte à son tour.
 Seznec, très têtu, sûr de son droit, ne voulait pas céder et préféra se laisser saisir que de payer. L’affaire était en appel.

 Seznec était en réalité incapable de s’acquitter d’une telle somme (à moins de vendre certains de ses biens, ce qu’il se refusait à faire, semble-t-il). De plus, il ne s’agissait pas d’une saisie conservatoire, puisqu’une vente aux enchères allait avoir lieu, comme on peut le lire dans l’Excelsior du samedi 14 juillet 1923  :

 À la requête de M. Caillet, industriel parisien, le fonds de commerce et les effets mobiliers de la communauté Seznec devaient être vendus aux enchères publiques lundi prochain.
 Or, pour éviter cette vente, Mme Seznec a déposé son bilan, qui révèle un actif bien supérieur au passif.
 Le tribunal de commerce de Morlaix a rendu un jugement, suspendant les poursuites.

Le Temps du dimanche 15 juillet 1923 nous donne des détails supplémentaires  :

 Vendredi, Me Feillard, du barreau de Brest, défenseur de Seznec, est venu à Morlaix pour empêcher la vente des biens de l’inculpé ordonnée en vertu d’un jugement du tribunal de commerce de Morlaix. Ce jugement a été rendu à la requête d’un industriel parisien, M. Caillet, auquel Seznec a refusé de payer une dynamo sous prétexte qu’elle n’était pas neuve, ainsi que l’affirmait le marchand. Pour empêcher la vente aux enchères des effets mobiliers appartenant à la communauté Seznec et conserver au fonds son intégralité, Mme Seznec, munie d’une procuration de son mari, a déposé son bilan. L’actif serait largement supérieur au passif. Me Belz, avocat, a été nommé liquidateur judiciaire.

 Denis Seznec (2009, page 187) cite un article similaire publié le même jour dans La France et conclut  :

 Pour une dette minime (et contestée) de 15 000 francs, on n’hésite pas à procéder à la vente aux enchères des biens  ! Ce n’est qu’en déposant son bilan que Marie-Jeanne tente, c’est le cas de le dire, de sauver les meubles.

 Cette dette n’était certainement pas minime  : Caillet était l’un des principaux créanciers de Guillaume Seznec. Denis Seznec s’est-il demandé quelle était l’importance de cette somme pour l’entrepreneur électricien  ?
L’Ouest-Éclair du 4 septembre 1923 nous raconte comment l’usine de Seznec a pu fonctionner malgré l’arrêt des travaux par Caillet  :

 M. Pierre Lucas, ouvrier mécanicien, demeurant à la Belle-Vue de la Madeleine, en Morlaix, a travaillé à plusieurs reprises chez Seznec, à des intervalles très irréguliers, suivant les travaux à effectuer.
 Dans le courant de février, Seznec avait entrepris de monter toute son usine à l’électricité, mais les travaux exécutés par M. Caillé, électricien à Paris, furent suspendus, celui-ci ne recevant pas les acomptes prévus. Un procès s’ensuivit qui amena la liquidation judiciaire de Seznec. M. Pierre Lucas acheva une installation provisoire pour permettre à l’usine de fonctionner et notamment il monta les chaudières et les transmissions.

 Ce ne sont probablement que les interventions de Pierre Lucas qu’il faut situer en février 1923 (ou peut-être même en février 1922), car les problèmes avec Caillet dataient de l’année précédente.
Le Phare de la Loire du 25 octobre 1924, dans un récit d’audience très détaillé, rapporte l’évocation des différentes dettes de Seznec au moment du procès de Quimper  :

 — Si vous aviez des dettes, c’est que vous étiez gêné, poursuit le président. En 1921, je vois sur mon dossier que vous deviez 20.000 fr. à un nommé Caille, électricien. Cette affaire n’est pas finie  ?
 — Non, répond Seznec  : elle est en Cassation.
 — Vous avez perdu en première instance  ; vous avez perdu en appel, et l’affaire est en Cassation actuellement, dit le président.
 — Cela n’a pas d’importance, interrompt Seznec.
 — Si, c’est important, observe M. du Fresnel. On ne voit à ce moment que traites refusées par vous, que dettes contractées chez l’un pour payer l’autre débiteur  ; et ce que l’on constate, c’est qu’il y a contre vous sept jugements pour un total de dettes ou traites s’élevant à 50.000 fr. Et il faut remarquer que vous vous laissez poursuivre en justice, vous vous laissez condamner pour des sommes formant un total de 54.000 fr., alors que, selon vos dires, vous aviez à ce moment 4.040 dollars en poche  ».

 Guillaume Seznec, qui prétendait posséder l’équivalent de 60.000 francs en pièces d’or, n’aurait rien vu de plus urgent, le 22 mai 1923, que d’acquérir une propriété éloignée, tandis que ses meubles étaient menacés de saisie et vente aux enchères à la suite d’un jugement en date du 3 mai.

II. Les faits

 À partir de quelques actes juridiques publiés par madame Langellier et différents articles de presse, on peut tenter de faire l’historique de la dette Caillet.
 Par un devis accepté le 8 août 1921, Seznec engage Caillet à lui fournir et à installer dans son usine de Morlaix une dynamo Max Schön et Cie, avec câbles et autres appareils accessoires.
 Quelques mois plus tard, Caillet suspend les travaux car Seznec a cessé les paiements  ; 12.000 francs de matériel et 1.567 francs de main-d’œuvre restent dus. Caillet engage des poursuites contre Seznec le 4 avril 1922 et demande, en plus des sommes indiquées, 2.000 francs de dommages-intérêts.
 Si Max Schön est bien la société de ce nom créée en 1920 à Lübeck, il est difficile d’imaginer que la génératrice n’était pas neuve. De plus, Caillet n’ayant pas terminé l’installation, la machine ne pouvait fonctionner correctement. Enfin, le mécanicien Pierre Lucas n’était peut-être pas en mesure techniquement d’achever le travail dans les meilleures conditions. La véritable raison du refus de payer de la part de Seznec me semble donc plutôt être le fait qu’il était dans l’incapacité de le faire. Il lui fallait gagner du temps.
 Le tribunal de commerce de Morlaix donne raison à Caillet le 3 mai 1923. Maître René Le Gall, huissier, se présente chez Seznec le 19 juin pour saisir ses meubles. Seznec parvient à s’opposer à cette saisie, mais ne gagne que quelques jours. L’huissier revient le 24 juin pour effectuer la saisie.
 Une vente aux enchères de ce mobilier doit avoir lieu le 16 juillet. Pour empêcher cette vente, Seznec, par l’entremise de sa femme et de maître Ernest Feuillard, dépose son bilan le 13 juillet. Le tribunal de commerce de Morlaix déclare Seznec en état de liquidation judiciaire et désigne maître Joseph Belz comme liquidateur provisoire. Ce dernier est maintenu comme liquidateur définitif le 28 juillet.
 Un appel dans l’affaire Caillet est interjeté. Le 28 avril 1924, la Cour d’appel de Rennes confirme le premier jugement.
 En septembre 1924, maître Belz forme un pourvoi en cassation. Un juge de cassation ne fait que vérifier la stricte application du droit dans l’arrêt ou jugement précédent  ; les chances de succès sont donc sûrement minimes. Cependant, Seznec pense tenir un angle d’attaque, qu’il exprime dans sa très longue lettre adressée à maître Kahn juste avant son procès d’assises (en cours de publication intégrale par maître Langlois)  : «  le tribunal de commerce de Morlaix a compris comme titre un marché qui était discuté. Ce n’est donc pas un titre  ; d’ailleurs, la cassation le démontrera.  »
 Le 27 décembre 1924, la propriété de Seznec est mise en vente, ainsi que «  le matériel attaché aux immeubles [...] à l’exception de la dynamo Max-Schon et Cie  » (La Résistance des 6, 13 et 20 décembre 1924).
 Le 7 mai 1925, dans l’intérêt de la liquidation, Émile Petitcolas (nommé tuteur datif de Seznec deux mois plus tôt) et maître Belz se désistent du pourvoi formé contre l’arrêt de la Cour d’appel de Rennes dans l’affaire Caillet, et cet arrêt devient exécutoire.
 Le même jour, les véhicules et le matériel de la scierie de Seznec sont mis en vente par maître Serrurier, commissaire-priseur à Morlaix, y compris «  une dynamo de 60 chevaux avec tableau de distribution  » dont la mise à prix est de 10.000 francs (L’Ouest-Éclair du 3 mai 1925). Ce montant semble indiquer que la machine était en parfait état de fonctionnement et avait bien la valeur demandée par Caillet quatre ans plus tôt.
 Faute d’offre suffisante, la dynamo n’est pas adjugée (L’Ouest-Éclair du 10 mai 1925). Elle est remise en vente le 25 mai (L’Ouest-Éclair des 17 et 21 mai 1925). Je ne connais pas le résultat de cette vente, mais à cette date, Caillet n’avait toujours pas été payé, près de quatre ans après la signature du devis.

III. Qui était Caillet  ?

 Les différents auteurs n’appellent Caillet dans leurs ouvrages que par son patronyme. Dans l’index des noms propres des livres de Bernez Rouz (L’Affaire Quéméneur-Seznec, 2006) et Denis Seznec (2009), on trouve cependant un prénom  : Alexandre. Je soupçonne que l’un a copié sur l’autre, mais n’ayant pas d’édition plus ancienne, je ne saurais dire qui. Ce que je sais, c’est que des erreurs existent chez l’un comme chez l’autre, même si elles sont rares et généralement minimes chez Bernez Rouz, qui a fait un véritable travail d’historien.
 Je me mets donc en quête d’informations sur l’entrepreneur électricien Caillet. Je trouve d’abord dans les éditions de 1921 et 1922 de l’Annuaire du commerce Didot-Bottin «  Caillet (Albert), électricité, r. Sauvage, 30 (13e).  » Il figure également dans la catégorie Électricité de l’édition de 1925  : «  Caillet (A.), rue Sauvage, 30.  » Les éditions de 1923 et 1924 sont manquantes sur Gallica. On ne le retrouve pas dans celle de 1926. Cet annuaire ne mentionne qu’un seul électricien de ce nom à Paris. Le prénom donné dans les pages d’index de Bernez Rouz et Denis Seznec était donc erroné.
 Je découvre également dans Le Journal du 14 février 1924 une offre d’emploi pour des «  monteurs électr., force motrice — 30, r. Sauvage  », qui prouve que l’entreprise d’Albert Caillet faisait bien des installations.
 Je fais alors part de mes résultats à Thierry Lefebvre, et nous entamons des recherches parallèles.
 Un article de Guy Debord paru dans la revue Potlatch le 3 août 1954, alors qu’il n’avait que 22 ans, m’informe qu’on détruisait la rue Sauvage à cette époque. Un plan de 1920 montre qu’elle reliait en diagonale le quai d’Austerlitz et le boulevard de la Gare (aujourd’hui boulevard Vincent-Auriol), et qu’elle appartenait au quartier Salpêtrière. Je consulte alors une à une les 439 doubles-pages du recensement de 1926 dans ce quartier, mais je n’y trouve pas la rue Sauvage. On peut penser qu’il n’y avait dans cette rue que des ateliers, et aucune maison d’habitation. Caillet vivait probablement ailleurs.
 Entre-temps, Thierry a trouvé une annonce dans L’Intransigeant du 20 janvier 1926 qui indique que Caillet était sur le départ  :

 ÉLECTRICITÉ, inst. force, lum., av. atelier, bout., app., camionn., outill., b. clients. Départ. Urgent. Traite avec 15.000 fr. — 30, rue Sauvage, Paris.

 Je fais des recherches dans l’état-civil du treizième arrondissement mais ne trouve rien. Je finis par découvrir le passage suivant dans un article du Courrier de Saône-et-Loire du 21 février 1912, à propos des fêtes de Carnaval ayant eu lieu à Chalon-sur-Saône  :

 Enfin, M. Albert Caillet, électricien chez M. Jarrot, lançait sur la foule, au bout d’une gaule, une araignée lumineuse, qui projetait du feu, au moment où elle se posait. Ce «  truc  » ingénieux eut un grand succès de frayeur et d’hilarité.

 Nous réorientons alors nos recherches vers le département de Saône-et-Loire, et Thierry m’envoie moins de deux heures plus tard le registre matricule de l’électricien Albert Caillet, qui lui permet ensuite de retrouver tous les documents généalogiques nécessaires. Je continue de mon côté à consulter la presse et nous sommes bientôt en mesure de résumer la vie du jeune homme de 29 ans qui a provoqué en 1923 la liquidation Seznec, mais qui semble avoir également souffert de cette affaire.

IV. Parcours

 Albert Léon Caillet est né à Chagny (Saône-et-Loire) le 26 septembre 1893. Il obtient son certificat d’études primaires à l’école de garçons de Chagny en 1907 (Courrier de Saône-et-Loire du 5 juillet 1907). En 1912, comme nous l’avons vu, il travaille en tant qu’électricien chez monsieur Jarrot à Chalon-sur-Saône.
 Appartenant à la classe de recrutement 1913, il est ajourné à un an pour faiblesse cette année-là, puis à nouveau les deux années suivantes, et enfin versé dans le service auxiliaire, avec une indication de «  développement musculaire insuffisant  », et incorporé au deuxième groupe d’aviation à compter du 22 août 1916. Il est maintenu dans le service auxiliaire le 21 février 1917 pour «  faiblesse générale, légère obscurité respiratoire sommet droit.  » Il participe à plusieurs campagnes, toujours dans l’aéronautique, notamment comme conducteur de groupe électrogène. Le 5 septembre 1919, il est mis en congé de l’armée et se retire à Paris.
 Le 17 juillet 1920 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), Albert Léon Caillet, électricien, épouse Léonie Benoîte Renault, institutrice, née le 6 mars 1897 dans cette ville.
 Quand sa fiche matriculaire est créée le 3 septembre 1921, il est «  électricien entrepreneur  » et réside dans le premier arrondissement de Paris. Le devis accepté par Seznec date du mois précédent.
 Le 22 mars 1922, un violent incendie détruit complètement un bâtiment en bois de la rue Sauvage à Paris. Certains journaux le situent au numéro 30, adresse de l’entreprise de Caillet, mais il s’agit en réalité du numéro 24. Le rez-de-chaussée du bâtiment est occupé par le menuisier Levasseur, qui sous-loue le premier étage à une fabrique de malles. Levasseur avait dans la cour un très important dépôt de bois, qui a pu être sauvé par les pompiers. On ignore ce qui a amené Seznec à s’adresser à Caillet pour l’installation électrique de son usine  ; la proximité de ce chantier de bois peut avoir servi de lien, si Seznec était en relation d’affaires avec Levasseur, mais cela reste très hypothétique.
 En janvier 1926, Caillet cherche à vendre d’urgence son fonds de commerce. La mention d’une traite de 15.000 francs dans l’annonce que j’ai citée plus haut peut faire référence à la créance Seznec, qui n’aurait toujours pas été payée, mais dont le règlement serait proche. La même année, son fils Gérard naît à Paris (probablement Gérard Maurice Caillet, né le 5 avril 1926 dans le quatorzième arrondissement). Le 2 juin 1926, la Société anonyme de Perfectionnements électrolytiques est formée au 30, rue Sauvage. L’entreprise parisienne d’électricité Caillet a vécu.
 La fiche matriculaire situe Albert Caillet le 5 novembre 1927 au 25, Villa du Coteau à Clamart, une maison très modeste. L’acte de naissance de son fils Maurice Pierre est signé quatre jours plus tard dans cette ville.
 Le 1er août 1929, il réside au 108, rue Eugène Carron à Courbevoie. Le recensement de 1931 à cette adresse indique qu’il est électricien chez Waldberg, une entreprise de Puteaux.
 Au moment du recensement de 1936, il vit au 13, allée des Tilleuls à Suresnes, et il est désormais ingénieur chez Waldberg. Son nouveau statut d’ingénieur électricien est ajouté sur sa fiche matriculaire en 1937, puis il est rayé de la réserve le 4 janvier 1940.
 Sa femme décède le 16 novembre 1949 dans le quinzième arrondissement de Paris. Il se remarie le 18 juin 1952 dans le dix-neuvième. Il meurt à Metz le 19 juin 1978.

 Courbevoie et Suresnes sont très proches de Puteaux, tandis que Clamart est dans un autre secteur de la région parisienne. Il est donc peu probable qu’Albert Caillet ait mis un terme à son entreprise dans les premiers mois de 1926 pour aller occuper un poste intéressant chez Waldberg. Il semble plutôt qu’il ait traversé une période difficile en 1925 et que les sommes dues par Guillaume Seznec lui aient fait défaut pour s’en sortir.

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4 commentaires:

Marc du Ryez a dit…

Il est vrai que j'avais oublié de rendre à César ce qui est à César en introduction de ma seconde partie. Comme mes billets sont publiés chaque fois dans une forme quasi définitive, je signale généralement tout changement important. Pour celui-ci, le fragment de phrase "À partir de quelques actes juridiques et de différents articles" est devenu "À partir de quelques actes juridiques publiés par madame Langellier et différents articles de presse."

Je ne change pas la date du désistement du pourvoi en cassation, puisqu'il est autorisé le 6 mai 1925 mais effectué le lendemain. Ce pourvoi n'a probablement pas été formé en octobre 1924, comme le dit de manière imprécise le document en question, mais plutôt en septembre, comme le montrent les frais engagés pour provision par maître Belz le 24 septembre et la note de Guillaume Seznec adressée à maître Kahn en septembre.

Certaines des dates sur ce document sont disponibles ailleurs. J'ai fourni les références des annonces des ventes aux enchères des 7 et 25 mai 1925. Bernez Rouz écrit : "Le 3 mai 1923, il perd 15.567 francs contre Caillet, électricien à Paris." Cette dette approche les 20.000 francs au moment du procès, comme l'indique l'article du "Phare de la Loire" que j'ai cité. L'association entre les passages de maître Le Gall chez Seznec les 19 et 24 juin et l'affaire Caillet provient de la presse.

Je précise enfin que plusieurs jours de recherches et plusieurs jours d'écriture ont été nécessaires pour ce billet. La plupart des informations qu'il contient sont uniquement issues de mes recherches et de celles de Thierry Lefebvre, que je remercie grandement pour sa collaboration.

Loic de Nantois a dit…

Bonsoir
Je vous écrit sans pseudo, parce que c'est comme ça...

Je viens de voir le texte modifié du billet de Madame Langellier et je me range au rang des illettrés. En effet, elle nous dit qu'elle possède les actes juridiques qui viennent des Archives de Quimper. Bien, ce qui veut dire dans mon français qui n'est pas sans subtilité, que les archives lui aurait cédé ces actes... Depuis quand les archives cèdent ou vendent le matériel dont elles ont la conservation ? Cette information est très intéressante et elle ravira les amateurs de vieux papiers. Jusqu'ici, ils ne pouvait que se contenter des réseaux de brocanteurs et bouquinistes qui vendent des archives privées. Mais si on a accès désormais à l'achat des archives publiques. Tant mieux !
Ne manquez pas sur mon blog la réponse de mysterlo sur la définition des archives personnelles. Cela nous remet un peu les pendules à l’heure.

Marc du Ryez a dit…

Bonsoir. J'avais lu le commentaire de Mysterlo. En effet, partager une photographie d'un document d'archives départementales, c'est très bien, mais cela ne nous en fait pas le propriétaire. Cela reste un document consultable sur place par tout un chacun. J'ai été directement accusé d'avoir usé d'un "procédé pas vraiment honnête... pour ne pas dire carrément malhonnête" (ne le disons pas, alors), mais j'aurais très bien pu avoir trouvé ces documents moi-même à Quimper. Cependant, on dit en anglais : "give credit where credit is due", ce qui correspond un peu dans notre contexte à "il faut rendre à César ce qui est à César", et c'est bien sur le blog de madame Langellier que j'ai lu ces documents. J'ai donc réparé l'omission, qui n'était pas due à une volonté de nuire ou d'ignorer. Cela dit, si j'avais partagé les photographies que j'ai prises aux archives départementales de la Manche du registre des entrées et sorties du port de Cherbourg (j'ai partagé les informations utiles, uniquement) et que quelqu'un d'autre en avait fait usage sans me citer, je n'en aurais pas fait une maladie. De même, quand je passe un certain temps à réorienter, recadrer, redimensionner et filtrer une photographie et que ma version est immédiatement réutilisée sur d'autres blogs, je ne dis rien.

J'ai vu avec plaisir le retour de votre veine romanesque à la première personne, qui m'avait beaucoup plu en 2018. C'est une façon très plaisante de présenter les choses, très vivante et psychologiquement intéressante (hypothétique, mais plausible). Pour ma part, j'écris ici dans un style rébarbatif de revue scientifique, parce que mon but est de partager des informations, mais j'espère que l'on n'imagine pas que c'est le seul dont je dispose, ni le seul que j'apprécie.

Je ne suis qu'à moitié normand, par ma mère (et hispano-franco-allemand par mon père), mais je ne serais certainement pas blessé si on me traitait de viking. Tout au contraire, j'en serais fier. Vos images m'ont bien fait rire. Je ne suis cependant plus hirsute depuis le milieu des années 1990.

Marc du Ryez a dit…

Autant je peux comprendre qu'on se défende hardiment quand on est attaqué, autant je ne comprends pas qu'on le fasse quand on ne l'est pas. Quel crime aurais-je commis ? Oublier de citer le blog où j'ai lu un document appartenant aux archives départementales du Finistère (l'acte juridique en lui-même n'appartient pas à des particuliers). J'ai réparé le mal en indiquant ma source, mais les attaques se sont faites plus sévères, plus personnelles. C'est à n'y rien comprendre. Dans le même temps, des images des articles que j'ai cités dans ce billet et dont j'ai donné les références, ainsi que la fiche matriculaire découverte par Thierry Lefebvre, sont reproduits sans que nous en soyons remerciés. Il faut rendre à César ce qui est à César, mais César ne doit rien à personne, apparemment.

Concernant le livre de Bertrand Vilain, j'avais à l'origine l'intention d'acheter la version papier, mais je ne souhaitais pas le commander directement à l'éditeur, donc j'attendais qu'il soit disponible sur Amazon. Nous avons vu les ratages, les différentes versions numériques avec corrections successives. Je n'aime pas les versions numériques, mais n'ayant pas le choix, j'attendais alors une version avec moins de fautes (je précise au passage que je n'en voulais pas à l'auteur pour ces fautes, car ce sont des choses qui arrivent, mais j'en voulais à l'éditeur, qui n'avait pas le droit de les laisser passer). Mais j'ai fini par comprendre qu'il n'y avait absolument rien de fiable dans ce livre (le chapitre sur Viviani en est un bon exemple, puisque tout y est faux). Déformer ce qu'on lit et affirmer péremptoirement des âneries ne permet pas d'aboutir à un livre qui puisse servir de référence. Je n'avais pas envie d'avoir à vérifier chaque phrase en allant chercher les sources moi-même. Autant directement lire les sources. Madame Langellier m'a alors demandé ce que je pensais de certains points dans cet ouvrage. Je lui ai répondu que j'avais perdu tout intérêt pour ce livre et que j'avais renoncé à l'acheter, ayant été consterné par la lecture des premières pages sur Amazon. Elle m'a alors envoyé des pages qui m'ont amené à me pencher sur le sujet, ce qui a confirmé ma première impression, en pire. Si madame Langellier ne m'avait pas envoyé ces pages, j'aurais complètement fait l'impasse sur ce livre, comme j'avais ignoré celui d'Anne-Sophie Martin, et je n'aurais donc pas écrit un seul billet à son sujet.

Il est temps d'arrêter ces vaines querelles. On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes. Il y a, en effet, de la place pour tout le monde, et je ne vois pas pourquoi je chercherais à nuire à un blog qui est, comme nous sommes tous prêts à le reconnaître, une mine d'informations très utiles et que j'ai défendu à de multiples reprises depuis plus de deux ans. En quoi le fait que je publie des billets pourrait-il réduire le champ des autres blogs ? Tout le monde contribue et chacun se fait une idée à partir de tout cela.